Une nouvelle entrée en béton | infobeton.be

Une nouvelle entrée en béton

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La façade avant menaçant de s’écrouler, les propriétaires d’une maison hesbignonne ont du faire face à des travaux de rénovation importants. Pour des raisons tant structurelles qu’esthétiques, l’architecte a opté pour le béton. Une vraie rupture dans cette région où la brique est reine.

Cette habitation unifamiliale prend place sur une parcelle qui dévale en pente raide jusqu’à la rue. Située quelque peu en surplomb de celle-ci, la maison jouit d’une vue totalement dégagée sur un paysage de prairies, typique de la Hesbaye liégeoise. Une implantation idyllique qui a néanmoins tourné à l’aigre quand des fissures sont apparues en façade avant ainsi que sur le pignon. «Quand elles ont commencé à se faire plus nombreuses et, surtout, à s’élargir, nous avons pris le parti de consulter un architecte», se rappelle la propriétaire. Celui-ci juge la situation suffisamment alarmante que pour s’adjoindre les services d’un ingénieur en stabilité. Le constat est sans appel : sans une intervention radicale et rapide, la façade risque tout simplement de basculer dans la rue en contrebas, entraînant une partie de la maison dans sa chute… « Dans un premier temps, il a fallu se focaliser sur les travaux de stabilisation, lesquels impliquaient la reprise en sous-oeuvre de la façade avant, ce qui nécessitait, entre autre, la démolition du mur en moellon et de l’escalier courant le long de la maison, mais également de l’entrée de l’habitation qui menaçait aussi de s’effondrer », explique Bernard Jérôme, l’architecte chargé de projet de l’atelier d’architecture Alain Richard. Un travail délicat qui a obligé l’entrepreneur à travailler par étape. Pour éviter que la maison ne bascule dans le vide, il a fallu creuser des tranchées d’un mètre de large sous le bâtiment dans lesquelles ont été coulé des voiles de béton. Et ainsi de suite, mètre après mètre, jusqu’à ce que l’ensemble soit stabilisé.

Un petit air de belvédère

Parois en béton pour maison unifamilialeA quelque chose malheur est bon », affirme le proverbe. Dans ce cas précis, comme il fallait reconfigurer la façade avant, l’architecte propose de rompre avec l’ancien bâti en construisant une nouvelle entrée qui prendrait la forme d’un « U » renversé en béton décoffré brut collé à la maison, sur le pignon. « Ce parti pris architectural offrait plusieurs avantages : structurel d’abord, puisque l’extension étant à moitié enterrée à l’arrière, la solidité du béton permettait de retenir les terres et donc d’assurer la stabilité de ce nouveau volume. Esthétique ensuite, dans la mesure où le recours à un seul matériau permettait d’obtenir un habillage uniforme, mais également léger et discret, aussi paradoxal que ça puisse paraître s’agissant du béton. »

Pour ce faire, il a fallu demander une dérogation auprès des services de l’Urbanisme de la Commune, le béton étant totalement absent de l’environnement bâti. « Ça n’a posé aucun problème car si cette extension tranche clairement avec le volume principal contre lequel elle vient se lover, elle n’entre jamais en conflit avec celui-ci. Au contraire. » La seule exigence portait sur la reconstruction du mur en moellon à l’emplacement exact de l’ancien. Le mur côté rue a donc été remonté avec les moellons récupérés et doublé d’un mur en Stepoc (des blocs creux dans lesquels on glisse des barres d’acier avant d’y couler du béton) pour le renforcer. Par soucis d’homogénéité avec l’extension, l’escalier qui mène à l’entrée a été construit en béton coulé sur place.

Une intervention à la fois diversifiée et cohérente

Posée sur le mur en moellon, la boîte en béton oriente aimablement les visiteurs vers l’entrée, laquelle, cadrée sur le paysage, offre un magnifique point de vue sur la vallée en contrebas, se donnant ainsi un petit air de belvédère. 

Une intervention qui a fait le bonheur des propriétaires, heureux de ce mélange des genres qui confère une certaine singularité à leur habitation. « Mais ça interpelle le voisinage – peu habitué à voir du béton brut dans un décor rural totalement habité par la brique ou l’enduit – qui ne manque jamais de nous demander quand et comment nous allons recouvrir le volume en béton… ce que nous ne désirons absolument pas ». Et pour cause, l’intervention forme tout à la fois un ensemble diversifi é et cohérent : la boîte en béton permet une transition franche entre l’entrée à forte charge minérale et le jardin où le végétal est roi, mais également avec les matériaux constitutifs de la maison : la façade en brique, le mur en moellon et l’intérieur du « U » recouvert d’une finition en afzelia (bois) qui tranche avec le béton.

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